Ce « post » aurait pu s’intituler « Murphy’s law ». Bref, dimanche dernier je me suis réveillé avec un mal de ventre qui m’a permis d’évacuer par cinq de nos neuf trous - les yeux et les oreilles ayant été épargnés – et de me clouer au lit avec de la fièvre accompagner de délires - les mauvaises langues diront que ça ne me change pas beaucoup. J’ai émergé de peine et de misère en fin de soirée. Du coup j’ai dû reporter mon départ au Refugio du Huayna Potosi au mardi, me laissant lundi pour récupérer. J’ai donc réorganisé mes dates auprès de l’agence lundi matin, décidant de ne partir que trois jours au lieu de quatre. J’ai aussi abandonné le projet d’aller monter le Sajama et je suis allé rencontrer Osvaldo Cortez, mon guide de 2009 qui m’a fait une offre très intéressante (détails plus bas).

Lundi soir je commençai une grippe... « Should I stay or should I go ». Je me suis dit que tant qu’à avoir une grippe à La Paz vaut mieux l’avoir au Refugio. L’air est meilleur qu’à La Paz, même si on manque d’oxygène et l’important c’est de dormir en altitude. Je suis donc arrivé au Refugio mardi midi et ce fut la pire journée d’acclimatation que je n’ai jamais vécue. En me couchant ce soir là, je pensais tout abandonner et descendre dans la forêt amazonienne pour y finir mes vacances.

Mercredi lorsque je me suis réveillé, j’avais une forme splendide, tout allait bien. J’ai décidé de passer la journée au Refugio et de faire quelques petits treks. En matinée le tour d’un lac et en après-midi je suis allé jusqu’au glacier du Huayna Potosi ou j’ai rencontré par hasard Osvaldo qui donnait un cours d’escalade de glace et de marche sur un glacier. Tout s’est bien déroulé et même qu’en descendant je me suis laisser aller à descendre comme si j’étais au niveau de la mer. Ma forme était revenue et j’ai averti l’équipe du Refugio que j’allais gravir le Charquini (5392m) le lendemain.

Mercredi soir j’ai fait une rencontre étonnante et inspirante en la personne de Tangi Sherpa, qui a à son actif neuf ascensions de l’Everest. Nous avons parlé beaucoup en français, langue qu’il maîtrise très bien ayant étudié en Suisse. Il était en Bolivie avec le propriétaire d’une agence argentine qui l’embauche pour des expéditions. Il était très heureux d’être en Bolivie parce que c’est la saison des moussons au Népal et qu’il ne peut pas aller en montagne durant cette période. C’est gars là passent leur vie en montagne. Il a commencé comme porteur à l’âge de treize ans. Il a d’ailleurs rencontré Sophie Denis en 2008.

Aujourd'hui j’ai fait l’ascension du Charquini avec Juan un jeune guide bolivien. Tout s’est bien déroulé et si j’étais plutôt lent en monté à partir de 4900m je me suis rattrapé en descente. En 2009 j’avais fait l’ascension du Huayna Potosi et lorsque l’on monte une montagne, on ne voit pas la montagne sur laquelle on est. Le Charkini fait face au Huayna Potosi. L'approche se fait en bottes de marche, puis au pied du glacier nous devons changer d'équipement (bottes de haute montagne, crampons, harnais, piolet, etc). Nous enlèverons nos crampons et laisserons nos sac-à-dos et piolets sur le glacier pour finir l'ascension. Du sommet j’ai vu le Huayna Potosi comme je ne l’avais jamais vu. La photo laisse croire qu'il fait froid, mais on était très bien. D'ailleurs Juan a sorti son télephone cellulaire et on a écouté du meringue. Ah, cette jeunesse...

Je vais passer une vingtaine de jour en Bolivie et l’alphabet a vingt-six lettres. Plan « G », hé oui, j’en suis rendu là - beaucoup de choses ont tourné dans ma tête. Comme je le mentionnais plus haut, j’ai décidé d’abandonner l’ascension du Sajama. Les conditions cette année ne sont pas très bonnes, beaucoup de neige et des vents violents. Plusieurs équipées ont eu des tentes déchirées et vue les conditions de santé que j’avais en début de semaine, je n’avais plus le goût de me lancer dans cette aventure. Je suis donc allé voir Osvaldo Cortez lundi dernier et il m’a proposé quatre jours dans la vallée du Condoriri avec l’ascension du Pequeño Alpamayo * (5370m). Il reste à déterminer ce que nous ferons les autres jours. La vallée du Condoriri se présente comme suit : un camp de base et une multitude de montagne à gravir. Pour le moment nous serons Osvaldo, un cuisinier et moi – « chicos ».

J’ai donc trois jours qui s’offrent à moi à La Paz… « I will survive »

* Le ñ est si facile à trouver sur les claviers boliviens que j’aimerais l’utiliser plus souvent.

P.S. J’ai fait les liens vers les pièces de musiques dont je cite les paroles dans les « post » précédents.

Petite journée tranquille. J’ai toujours un petit relent de grippe. Je suis sorti ce matin pour faire quelques courses. Je dîne à l’appart. Je me promène pour voir la vie de tous les jours. J’ai donc vu sur la rue ma première femme voilée ainsi que mon premier « squidgee » nord américain. La race ça se reconnait, il m’a fait de la tête un petit signe entendu, mais pas la femme voilée. C’est tout dire.

Les jeunes boliviens semblent écouter plutôt de la musique traditionnelle. J’en ai rencontré plusieurs au Refugio, certains de La Paz, d’autres de Santa Cruz. Ils sont comme tous les jeunes. Ils ont un « cell » pour les appels, les « textos », les photos et la musique. L’autre jour au Mirador Monticulo, j’ai vu deux jeunes amoureux s’embrasser au couché du soleil adossés au muret du Mirador et la jeune fille tenait au bout de son bras levé un cellulaire qui jouait de la musique traditionnelle. « Vertige de l’amour ».

En après-midi je suis allé faire un tour au bureau d’Osvaldo - Altitud 6000 - pour planifier nos quatre jours dans la vallée Condoriri. Voici le plan proposé :

1 DIA.- LA PAZ CONDORIRI
2 DIA.- PRACTICE ON THE GLACIER
3 DIA.- SUMMIT PEQUEÑO ALPAMAYO
4 DIA.- ALTERNATIVE SUMMIT DAY+ RETURN TO LA PAZ

J’ai aussi fait quelques démarches pour aller visiter le désert d’Uyuni. Quelques courses en fin de journée et souper à l’apart. J’aime bien cette formule. On n’a pas tout le temps le goût d’aller au resto. Je vais écouter un film ce soir tranquillement. Demain, 6 août, c’est la fête nationale de la Bolivie - date de l'indépendance en 1825 - ça va fêter.

L’appartement est assez confortable. Deux grandes pièces et une salle de bain. Une des pièces fait office de chambre à coucher et l’autre de salon, cuisine et salle à manger. Il y a un téléviseur avec lecteur DVD (je viens de me rendre compte que le lecteur ne fonctionne pas - so much pour le film), un poste d’ordinateur ainsi qu’un divan-lit. La cuisine est séparé par un bar et est muni d’un évier, un poêle à deux ronds, un four micro-onde, grille-pain et d’un réfrigérateur, mais pas de machine à café – j’en entends déjà plusieurs qui grincent des dents.

P.S. Je suis passé dans un tunnel à La Paz aujourd'hui et il ne m'est rien arrivé.

Si vous voulez savoir comment s’est déroulée la fête nationale, eh bien, je ne suis pas allé me promener au centre-ville hier soir. J’ai plutôt opté pour un bon souper dans une bodegas argentine à quelques coins de rue : El Ariero. C’était vraiment délicieux et je n’hésiterais pas à recommander ce restaurant à toute personne passant par La Paz et qui n’est pas végétarienne.

Fin de semaine tranquille avant de partir pour la vallée du Condoriri lundi matin. Je me suis promené en ville et j’ai, sauf pour hier soir, mangé à l’appartement.

Hier j’ai visité el Jardín Botánico. Ce n’est rien comparé à celui de Montréal, mais la visite offre une balade agréable et la possibilité de relaxer sur un banc dans un environnement tranquille. Ça change du brouhaha constant de La Paz. Par contre en ce dimanche matin, on dirait que cette ville n’existe plus tellement c’est tranquille. Peut-être ont-ils trop fêtés.

Le dimanche, El Prado est fermé à la circulation automobile et les boliviens y déambulent à leur gré. El Prado est l’avenue principale de la ville. Elle change de nom plusieurs fois - Autopista El Alto, Av. Ismael Montes, Av. 16 de Julio, Av. Villazón – par contre tout le monde l’appelle El Prado. On y retrouve de nombreux monument à la gloire de la Bolivie tel que : Simón Bolivar et le Général Antonio José de Sucre. Il y a aussi un monument à la gloire d’un nommé Cristoforo Colombo, sûrement un ancêtre du fameux détective qui nous a quitté récemment. C’est aussi sur El Prado que l’on retrouve la Basilica de San Francisco dont la construction a eu lieu de 1743 à 1744 sur le terrain qui avait reçu la première église San Francisco en 1581. La Paz, de son vrai nom : Nuestra señora de La Paz a, été fondé en 1548 par le capitaine Alonso de Mendoza quelques années après que Jacques Cartier eut donné une terre au canadiens, Go Habs ! Go!

Donc Osvaldo vient me chercher demain matin à 9h30 et à nous le plein air sans oxygène.

P.S. Mangé un des meilleurs magret de canard qu'il m'a été donné de manger avec une sauce au au miel et au thym, ce soir à La Comedie.

Je ne sais pas par où commencer : Ave Marias, Ratones, Viscachas, Ciel étoilé, Rappel, Börje Salming, Mats Naslund, Camp de base, Silence…

Mercredi le 10 août, Osvaldo et moi avons atteint le sommet du Pequeño Alpamayo à 10h10. Pour moi c’était la première fois tandis que pour Osvaldo, ça faisait plus de 60 fois. C’est bien d’avoir quelqu’un d’expérience avec sois pour cette ascension. Nous sommes partis les premiers du camp de base à 3h30. Nous nous sommes fait doubler par un américain du Colorado avec son guide et avons atteint le sommet au moins 45 minutes après eux. Nous sommes restés une demi-heure au sommet pour revenir au camp de base à 14h00. Une journée de 10h30. Si la longue montée du début sur le glacier, en pleine nuit, joue dans les mollets, et que l’ascension du premier sommet à 5300m m’a rappelé ce qu’était le mal de tête, l’ascension de l’arrête sommitale qui atteint par moment 55% d’inclinaison, est des plus éprouvante. Bien que le Pequeño Alpamayo n’ait que 5460m (c’est peu dire) il est beaucoup plus technique et par conséquent plus difficile que le Huayna Potosi qui culmine à 6088m. Je ne sais pas si c'est l'adrénaline, mais mon mal de tête a disparu en montant l'arrête sommitale.

Je suis rentré à La Paz en milieu d’après-midi. Je vous reviens sous peu.