Le vol Uyuni / La Paz s'est bien déroulé et celui du retour tout autant. À l'allée nous n'étions que 3 passagers sur une capacité de 19 et au retour 18. Je suis donc arrivé à l'aéroport d’Uyuni dimanche matin et pour ceux qui en doutent, l'aéroport existe bien. Il est vide et il y traine des matériaux de construction un peu partout, des piles de gypse de la poussière de plâtre, etc. Il y avait un taxi à l’extérieur qui attendait, je l’ai pris pour aller en ville.
Uyuni est un quadrilatère de 5 rues orientées grosso modo est / ouest et de 8 rues nord / sud. Constamment balayé par les vents, il y fait très froid. Ça ne me dérange pas, mais si j’avais prévu des vacances à la plage, j’aurais été très déçu.
Les tours partent à 10 h d’Uyuni. Ce fut donc la course pour me trouver une agence qui pourrait m’emmener pour 2 jours. La troisième fût la bonne. La dame me signala que je devais me dépêcher parce que le groupe constitué de quatre français allait partir à l’instant. Elle me décrit rapidement le parcours que nous suivrions et me donna l’heure juste sur les repas et le logement à l’hôtel (basic hôtel - c'est le terme employé ici et on comprend très bien l'euphémisme dans leur regard).
Je donnai donc mon sac-à-dos au chauffeur qui le ficela sur le toit et pris place avec ce qui s’avèrera être 3 français et un bolivien qui faisait ses études à Paris et qui était amis des trois autres. Nous partîmes vers la première étape du voyage, soit le cimetière de locomotives.
C’est une longue caravane de 4X4 qui s’active de 10 h à 11 h et nous nous retrouvons tous au cimetière plus ou moins en même temps pour 15 minutes d’arrêt que nous ferons perdurer un peu plus longtemps. Disons qu’une quinzaine de « Jeep » qui se vide de ses 6 passagers, ça fait du monde au cimetière. D’ailleurs un argentin se joindra à nous à cette étape pour compléter notre sextet.
Nous repartons donc vers une fabrique de sel pour voir comment on procède pour traiter le sel en provenance du désert. C’est une coopérative et tout le travail de la collecte à l'empaquetage en passant par le séchage et la mouture se fait à la main. Après cet arrêt nous nous dirigeons vers ce que j’appellerais les « grattages » de collecte de sel aux abords du désert. Cet autre arrêt sera suivi d’une visite de « l’hôtel de sel » – probablement le premier à être construit puisque nous coucherons dans un hôtel de sel nous aussi en fin de journée.
Heureusement après l’hôtel de sel notre prochain arrêt fût pour l’Isla de los pescadores (en réalité l’isla Incahuasi) où nous aurons plus de temps pour visiter et nous prendrons un repas à cet endroit. Croyez-le ou non, mais nous avons mangé des t-bones de lama cuient comme de la semelle de botte.
La visite de l’île vaut à elle seule le voyage. Il y a un sentier qui nous permet de monter jusqu’à son sommet. Le contraste que fait l’île avec la blancheur éclatante du désert de sel est saisissant. Ancien banc de coraux, l’île est habitée par des géants. Ce sont les cactus de l’isla de los pescadores – « Fascinant » (voix de Charles Tisseyre).
Ces cactus atteignent des tailles phénoménales. On y retrouvait jusqu’en 2007 le cactus le plus grands et plus vieux du monde – 12,3 m et qui avait l’âge vénérable de 1 203 ans. Il y en a un qui se tient encore debout comme une jeunesse mesurant 9m et ayant l’âge approximatif de 900 ans. Je pose ici au côté d'un spécimen qui doit faire un peu plus de 5m.
Le salar d’Uyuni avec ses 12 500 Km2 constitue le plus grand désert de sel de la planète – « Fascinant ». Selon notre guide il y aurait 35m d’épaisseur de sel. On évalue le gisement à 10 milliards de tonnes.
Nous avons quitté l’île pour rejoindre notre « basic hôtel » en fin de journée. C’est un hôtel où tous les joints de pierre sont en sel et dont le mobilier est en sel, sauf pour les matelas… heureusement. Le sol est recouvert de gros sel comme si on avait mis du gravier. Il y a de l’électricité de la tombé du jour jusqu’à 22 h. Arrivé les premiers, j’ai pris une chambre double avec l’argentin et les quatre étudiants eurent un dortoir à quatre. Les autres groupes qui arrivèrent plus tard utilisèrent les autres dortoirs prévus pour six. Avant le souper nous avons ramassé des cactus morts pour faire un feu que nous avons allumé après le souper. Je ne rentrerai pas dans le détail des consommations autour du feu, ma mère lit mon blog, mais nous avons bien rigolé. Au risque de me répéter je dirais : Ah, cette jeunesse...
La deuxième journée fut moins intéressante et ressembla à un tour de 4 X 4 sur une route de terre. Nous n’avions pas assez de temps pour apprécier les endroits ou nous arrêtions. Il aurait fallu partir pour quelques heures afin de pouvoir s'imprégnier des paysages qui nous entouraient. Mentions honorables, tout de même, aux amas de rochers regroupés ici et là dans le paysage et qui sont le résultat des très anciennes éruptions volcanique – c’est impressionnant ce que ça peut projeter – et aussi à la Laguna Hedionda qui pue en Ta…
Parti à 7 h 30 le matin nous sommes rentrés à Uyuni à 18h. Les français (Quentin, Paul et Benjamin) et le bolivien (Fernando) reprenait l’autobus pour La Paz le soir même, il ne restait que l’argentin (Fernando - bis) et moi (Pedro). Après quelques tentatives pour se trouver chacun une chambre, nous avons dû opter pour en partager une, lui repartant en fin d’avant midi vers l’argentine par train, mettant fin à un périple de trois mois l’ayant amené au Brésil, Venezuela, Cuba, Pérou et Bolivie. Quant à moi je repartais par avion en début de matinée pour La Paz.
Mon bestiaire a augmenté pendant ce tour.
Flamand Rose : Qui marchent très bien sur la glace et qui semble apprécier la Laguna Hedionda. Oui, oui, celle qui pue en Ta...
Autruches : Qui ont un magnifique camouflage, mais que nous avons tout de même pu apercevoir à certains moments.
Suite à certaines questions reçues, je voudrais préciser que le Viscacha n’est pas un proche cousin du Vice caché. Par contre, vu le grand nombre qui gambadent à la fin de la journée, on suppose qu’ils ont la capacité de reproduction des lapins. Donc, vice peut-être il y a, mais caché point.
En prenant le taxi pour me rendre à l’aéroport ce matin, le chauffeur a filé jusqu’au bout de la rue, a piqué en plein champs désertique pour rejoindre et rouler sur la piste d’atterrissage et est venu me déposer à l’endroit exacte où les passager descendent de l’avion. Çà c’est du service. Viva Bolivia !
